Information du : 23/09/2020

Un pays qui se tient sage : rencontres avec David Dufresne (prochainement)

Fondateur d'Allô Place Beauvau et auteur de Dernière Sommation, David Dufresne poursuit son enquête et sa réflexion sur les violences policières avec un formidable documentaire : Un pays qui se tient sage. Nous le recevrons du 9 au 14 novembre pour poursuivre la discusion dans les salles du réseau.

Alors que s'accroissent la colère et le mécontentement devant les injustices sociales, de nombreuses manifestations citoyennes sont l'objet d'une répression de plus en plus violente. « Un pays qui se tient sage » invite des citoyens à approfondir, interroger et confronter leurs points de vue sur l'ordre social et la légitimité de l'usage de la violence par l'Etat.

« Tous les pays du monde sont confrontés aux violences policières.Pour les démocraties, c’est un enjeu devenu crucial à leur propre survie. Le film questionne cette définition de Max Weber : « l’État revendique le monopole de la violence physique légitime ». Qu’est-ce que l’État ? La violence légitime ? Qui lui dispute son monopole ? Et qui en tient le récit ? » (David Dufresne)

« Dans le film, Michel Forst, rapporteur de l’ONU, révèle que l’avènement du téléphone comme caméra a révolutionné sa mission. Le film, c’est ce moment de bascule. L’irruption des contre champs. Quand j’ai lancé mes signalements « Allo, place Beauvau », l’empilement de vidéos produisait un sens. Donner une forme à cette documentation créée au fil des mois, la décortiquer, l’analyser, m’a semblé constituer un passage important. Dernière sommation, c’est ma vision intérieure de ce moment-là, « Allo, place Beauvau », une vision factuelle, Un Pays qui se tient sage, c’est le débat. C’est ce que j’aime par-dessus tout au cinéma : un film est collectif, se regarde collectivement, appelle la discussion. Et c’est irremplaçable. Nous avons plus que jamais besoin de débattre de la question de la police, de son rôle, de sa place dans la société. Tous les pays du monde sont désormais confrontés aux violences policières. Pour les démocraties, c’est devenu un enjeu crucial à leur propre survie. Ensuite, il y a le plaisir d’écriture, d’aller d’un genre à l’autre. Passer du tweet factuel, clinique, au roman personnel, intime, puis à ce film, processus et récit collectif: c’est tout ce que j’aime. Pétrir un sujet, le plus délicatement possible, avec toutes les techniques narratives possibles. »

« J’ai été, avec d’autres, l’un des artisans de la viralité de ces images via mes signalements « Allo, place Beauvau ». Mon travail a été repris par l’ONU, le Parlement européen, le Conseil européen. Ces images, je les ai archivées, compilées, en en vérifiant l’authenticité, d’abord sans imaginer le moins du monde que j’en ferais un film, mais en conservant les contacts de leurs auteurs. Ma grande fierté est que 95 % des images « brutes » du film sont sourcées, datées, créditées et dûment payées. J’ai retrouvé 95 % des auteures et auteurs, parfois au prix de longs mois. Ces gens ont témoigné, sans eux, ce film n’aurait pu exister. A la fin, il leur est dédié. D’une certaine façon, ils réalisent le rêve de Dziga Vertov : une caméra derrière chaque citoyen »

- Extraits du dossier de presse

Dans la presse :

"Le résultat est aussi passionnant sur le fond que sur la forme." (Ouest France)

" Un pays qui se tient sage" est un outil précieux pour comprendre la violence - physique mais aussi symbolique - du monde contemporain." (Bande à part)

" Tout sauf tiède, ce documentaire soutenu par la Quinzaine des Réalisateurs est une claque à double détente dont on sort à la fois secoués et grandis. " (Culturebox - France Télévisions)

" En faisant du cinéma l'écrin d'images aussi brutes que dévastatrices, David Dufresne leur redonne un impact terrible, qu'il accompagne d'un discours articulé et brillant sur l'urgence de la réflexion citoyenne qui découle de la crise actuelle du maintien de l'ordre à la française. Cinématographiquement puissant et intellectuellement salvateur. " (Ecran large)

" À partir d’images brutes, collectées lors de manifestations, David Dufresne propose une passionnante réflexion collective sur l’État et l’usage de la violence. " (L'Humanité)

" Plus qu’un agrégat d’images, loin de tout manichéisme, un documentaire décortiquant avec force pénétration des images prises lors du mouvement des Gilets Jaunes et diverses notions biaisées autour de la légitime violence revendiquée par l’État. Édifiant. " (Les Fiches du cinéma)

" Une œuvre salutaire, nécessaire. " (Les Inrockuptibles)

" Affirmer et dénoncer d’une part [...], dédramatiser pour mieux décrire d’autre part [...] font partie des tâches de l’analyse non policière des images, qui ouvre sur la possibilité d’une critique citoyenne. Tâche difficile [...] à laquelle "Un pays qui se tient sage" invite ses spectateurs, en laissant luire par instants les éclats d’une parole claire dans l’espace gris du commentaire, cet espace neutre dont la neutralité est sans cesse désignée comme impossible par la révolte des images qui y sont projetées du dehors. " (Libération)

" Un film d’utilité publique. " (Première)

" Même quand la caméra passe du côté de l’ordre, les images et les méthodes semblent brutales, disproportionnées, illégitimes et impunies. Puisse ce film contribuer à une prise de conscience générale et à une réforme rapide de la délétère stratégie de maintien de l’ordre à la française. " (Télérama)

" Un documentaire choc, certes partisan, qui montre avec effroi, à partir d’images saisies sur des portables de gilets jaunes, les rouages d’une violence policière, prise en tenaille entre sa mission de faire régner l’ordre public et, pour certains, le sentiment de toute-puissance. Proprement saisissant. " (àVoir-àlire)

" Un film fondamental. " (Cinéma Teaser)

UN PAYS QUI SE TIENT SAGE

Un film de David Dufresne
France – 2020 – 1h26
Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2020

A lire / écouter :

L'INVITE :
DAVID DUFRESNE

David Dufresne est auteur et réalisateur de documentaires. Son travail Allô Place Beauvau a été récompensé par le Grand Prix du Jury des Assises Internationales du Journalisme. Il a publié en octobre 2019 « Dernière Sommation », son premier roman (Grasset), salué par la
critique.

Son premier documentaire, Quand la France s’embrase, remonte à 2007 et portait sur les émeutes de 2005 et les mouvements CPE. Son dernier film Le Pigalle: une histoire populaire de Paris a été soutenu unanimement par la presse. On lui doit également Hors-Jeu, Dada-Data, Fort McMoney. Il a remporté le World Press Photo 2011 catégorie œuvre non linéaire pour Prison Valley (avec Philippe Brault).

Écrivain, David Dufresne a signé une dizaine d’ouvrages d’enquête dont On ne vit qu’une heure, une virée avec Jacques Brel (Le Seuil, 2018) et Tarnac, magasin général (Calmann Lévy, Prix des Assises du Journalisme 2012), salué comme « un petit chef d’œuvre » par Le Monde. En 2001, il a également co-écrit Pirates et Flics du Net (Le Seuil).

Longtemps reporter pour Libération et membre de l’équipe fondatrice du site d’investigation Mediapart, il est un pionnier de l’internet à la française (témoignage dans La Contre-Histoire de l’Internet, Arte, 2013), et un des auteurs du Manifeste du Web Indépendant (1997).

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